Après l’Algérie, mon pays de naissance, l’Islande est certainement le pays que j’ai le plus visité. J’ai d’abord vadrouillé sur cette petite île perdue dans l’Atlantique nord dans le cadre de mes projets de photographie animalière. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de devenir guide de randonnée et guide photo dans la magnifique réserve naturelle de Hornstrandir. Aujourd’hui, j’y travaille du printemps à l’automne. J’ai donc décidé de vous proposer un article sur les animaux d’Islande. Cet article est à la fois à destination des photographes animaliers qui souhaitent tenter l’aventure islandaise, et aux passionné·e·s de nature et de vie sauvages.
Pour en savoir plus sur mon activité de guide photo, n’hésitez pas à vous rendre sur la page dédiée au stage photo en Islande.
L’Islande est une destination assez peu connue des photographes animaliers. Pourtant, l’île est un véritable bijou de nature sauvage et préservée. La densité de population y est très faible et, en tant que photographe animalier, il est possible de passer plusieurs semaines dans la toundra sans croiser d’humains.
Par contre, le climat islandais est extrême et imprévisible. Avant d’envisager un voyage de photographie animalière, il faut sérieusement se renseigner sur l’équipement adéquat. Les séjours en autonomie sont même réservés aux personnes qui ont un minimum d’expérience dans les régions arctiques humides.
La géographie de l’Islande
L’Islande est l’une des rares parties émergées de la dorsale médio-atlantique, qui sépare les continents américain et eurasien. C’est une île marquée par une forte activité volcanique et sismique. Elle est également située quelques kilomètres sous le cercle arctique et à moins de 300 km du Groenland. Ce mélange explosif de chaud et de froid en a fait un lieu unique où les éléments se déchaînent, mais où il est possible de se baigner dans une eau à 40° en pleine tempête.
Seule la côte islandaise est habitée. L’intérieur des terres est montagneux et recouvert en bonne partie par la calotte glaciaire de Vatnajökull. En hiver, la vie y est quasiment impossible. La côte est constituée de fjords creusés par des glaciers aujourd’hui disparus, et de baies comme celle de Reykjavik, la capitale du pays.
Sur la côte, les montagnes islandaises ne sont pas très hautes. L’altitude moyenne se situe entre 300 m et 600 m d’altitude. Mais le terrain étant accidenté et les pentes raides, il est généralement difficile et assez physique de les gravir.
Enfin, le climat varie en fonction de la région et de l’exposition. Par exemple, le sud de l’Islande est protégé des vents du nord, l’enneigement y est donc faible, tandis que le nord et les Westfjords sont très exposés, plus froids, avec un enneigement plus important. D’ailleurs, les fjords de l’ouest sont la région où le climat est le plus extrême. C’est aussi la région la plus intéressante pour les animaux d’Islande.
Les animaux d’Islande
Lorsqu’on parle d’animaux sauvages d’Islande, il s’agit essentiellement de la faune sauvage de la toundra, à l’exception de l’ours polaire. En effet, il n’y a pas d’ours polaire en Islande. Par contre, certains individus débarquent de temps à autre dans les fjords de l’ouest, après avoir dérivé sur des icebergs depuis le Groenland. C’est par exemple arrivé en septembre 2024 dans la réserve naturelle de Hornstrandir.
Mais globalement, il n’y a pas d’animaux dangereux en Islande. Les sternes arctiques peuvent parfois être agressives, mais seulement pour faire peur aux intrus qui s’approchent de leurs nids. En tant que photographe en Islande, vous n’avez donc pas besoin de prendre des précautions pour vous protéger des animaux sauvages.
Les mammifères d’Islande
L’Islande n’est pas vraiment une île où les mammifères se sont développés. Si durant les âge glaciaires, tous les mammifères de l’arctique étaient présents sur l’île, le renard polaire est le seul animal d’Islande issu de cette période. Tous les autres mammifères terrestres ont été introduits par l’humain. Par contre, les eaux islandaises sont riches en mammifères marins. C’est l’un des endroits où il est le plus facile de les observer, y compris depuis la côte.
Les renards polaires, animaux d’Islande et voyageurs de l’ère glaciaire
Le renard polaire islandais est le seul mammifère terrestre endémique de l’île. Il est de fait le plus emblématique des animaux d’Islande. Il est arrivé durant le dernier âge glaciaire et il est resté sur l’île lors du réchauffement, il y a un peu plus de 11 000 ans. Depuis, le renard polaire islandais a évolué pour devenir une sous-espèce, Vulpes lagopus fuliginosus.
Il n’est pas facile d’observer des renards polaires en Islande, mais certaines régions sont plus propices que d’autres. En règle générale, les fjords de l’ouest et les fjords de l’est sont les meilleurs endroits pour voir des renards polaires. Mais ces dernières années, une bonne population de renards polaires s’est constituée dans le Parc national du Vatnajökull.
Le renard polaire est équipé pour vivre dans les conditions arctiques les plus extrêmes. Son épaisse fourrure et sa petite morphologie lui permettent de résister à des températures de -70°). Par ailleurs, cette espèce s’est adaptée à l’Islande, où le lemming, sa proie de prédilection, est absent. Les renards ont donc occupé les fjords et les baies où ils se nourrissent d’oiseaux marins, d’oiseaux terrestres, de crustacés et d’animaux morts rejetés par l’océan.
Enfin, le renard polaire possède deux morphes : la couleur blanche et la couleur brune (ou bleue). Si partout dans l’arctique les renards polaires blancs sont majoritaires, en Islande, le morphe brun s’est imposé. Cette modification est une adaptation à la géologie de l’île, qui est faite de roche basaltique noire et de plages de sable noir.
Les rennes sauvages des fjords de l’est
Le renne n’est pas un animal endémique d’Islande. Cet unique cervidé de l’île a été importé par l’humain à la fin du 18e siècle. Le but était d’en faire l’élevage, à la manière du peuple Same en Laponie. Mais cette tentative purement agricole a été un échec. En effet, le climat extrême et humide, mais surtout la faible disponibilité de nourriture, ont eu raison de l’élevage de rennes en Islande. Ces populations ont donc rapidement décliné et disparu.
À la fin des années 30, alors qu’on pensait le renne disparu d’Islande, une centaine d’individus ont été retrouvés à l’est de l’île. Ces individus ont survécu à la famine et ont trouvé refuge dans un territoire allant des fjords de l’est au glacier Vatnajökull. Ils ont alors constitué le patrimoine génétique du renne islandais.
Aujourd’hui, près de 7000 rennes vivent sur l’île. Ils sont les descendants de cette tentative d’élevage avortée. Ce sont des animaux d’Islande qu’il est assez facile d’observer.
Pour voir des rennes en Islande, je vous recommande de vous y rendre plutôt en hiver. La période idéale est le mois de mars. Durant cette période, ils occupent plutôt les côtes de l’est de l’île, car la nourriture se fait rare dans les hautes terres. Il est donc possible de les observer depuis la route. Par contre, étant donné leur camouflage assez efficace, il faut prendre son temps et observer attentivement le paysage. Ils se confondent assez facilement avec les toundra et la roche. Il suffit de faire le trajet entre Egilsstaðir et Höfn pour avoir de grandes chances de voir des rennes islandais.
Les chevaux islandais, animaux d’Islande et de la mythologie nordique
S’il y a des animaux d’Islande à voir absolument, ce sont les chevaux islandais. Ils sont présents sur l’île depuis sa colonisation par l’humain. J’ai dédié un projet à cette espèce il y a quelques années. Vous pouvez visiter ma page dédiée au cheval islandais pour en savoir plus.
Les chevaux islandais sont nés de plusieurs races importées par les Vikings de Scandinavie et les Celtes d’Ecosse et d’Irlande. Génétiquement, ces chevaux possèdent un héritage des races scandinaves comme le cheval Fjord de Norvège, et des îles britanniques comme le cheval Connemara d’Irlande, le cheval des îles Shetland ou les chevaux Highlands écossais. On trouve également dans le patrimoine génétique du cheval islandais des traces de chevaux asiatiques comme le cheval Yakut en Russie et les chevaux mongoles.
Voir des chevaux islandais est une expérience incroyable. Je dois avouer que je suis tombé sous le charge de leur beauté, de leur force et de leur délicatesse. Dans les fabuleux paysages d’Islande, ils semblent évoluer dans leur élément. L’hiver, ils se couvrent parfois de givre, se transformant en chevaux de glace. Ils sont l’un de mes sujets photographiques favoris en Islande.
Enfin, il est possible de voir des chevaux islandais sur toute l’île. Mais certaines régions sont plus propices que d’autres. En partant de la capitale Reykjavik, la région de Selfoss est celle où il y a le plus de chevaux islandais. Mais ceux-ci vivent plutôt dans des enclos en plaine.
Si vous en avez l’opportunité, je vous recommande plutôt le nord de l’Islande, à l’ouest d’Akureyri, pour voir le cheval islandais. Les chevaux qui vivent dans cette région montagneuse, froide et enneigée, sont plus souvent en liberté. De plus, les paysages font partie des plus beaux d’Islande. C’est selon moi un paradis pour les photographes animaliers qui souhaitent photographier les chevaux islandais.
L’observation de baleines en Islande
Observer des cétacés est une expérience incroyable. Si je n’ai jamais réellement cherché à les observer (par exemple je n’ai jamais fait de whale watching tour), j’ai eu la chance de régulièrement les croiser ces dernières années. Le cétacé que j’ai le plus vu en Islande est la baleine à bosse dans les fjords de l’ouest. Etant donné que je travaille dans la réserve naturelle de Hornstrandir, et que le principal moyen de s’y rendre est le bateau, j’ai pu régulièrement observer des groupes de baleines à bosse dans les fjords.
Il m’est par ailleurs arrivé d’observer des baleines à bosse, des baleines de minke ou des orques depuis la côte, toujours dans les fjords de l’ouest, ou sur la péninsule de Reykjanes au sud ouest. Si vous voyagez en Islande et que vous traversez des fjords, ouvrez grands les yeux, surtout si vous voyez des mouettes chasser des bancs de poisson.
Je ne conseille pas forcément les tours de whale watching, surtout pas au départ de Reykjavik. Ces tours peuvent exercer une pression sur les baleines, vu le nombre de tours de plus en plus important. Il est préférable de les observer de plus loin certes, mais en respectant leur intégrité et leur sécurité.
Les phoques communs en Islande
Le mammifère marin qu’il est le plus facile d’observer en Islande est le phoque commun. Il est largement présent sur toute l’île.
Pour voir des phoques en Islande, il suffit de longer la côte et d’ouvrir grand les yeux. Même s’ils se confondent parfois avec les rochers sur lesquels ils se reposent, ils sont faciles à trouver et sont assez peu craintifs. Gardez tout de même vos distances et, surtout, n’allez jamais dans l’eau. D’une part vous provoqueriez du stress chez ces animaux (qui partiraient immédiatement), et d’autre part l’Atlantique Nord est très dangereux et imprévisible en Islande.
Les meilleurs spots pour observer des phoques en Islande sont Jökulsárlón, l’une des lagoon du glacier Vatnajokull dans le sud, Ytri Tunga dans la péninsule de Snaefellsnes, ou encore la péninsule de Vatnsnes qui est connue pour ses nombreux spots de phoques.
Les oiseaux d’Islande
Les passionnés d’ornithologie et d’observation d’oiseaux trouveront en Islande un territoire où il est possible de passer des mois à observer la faune, été comme hiver, sans jamais se lasser. L’île est un site de reproduction pour plus de 70 espèces d’oiseaux. En été, la nature est foisonnante, bruyante et colorée. Les oiseaux d’Islande s’activent pour nourrir leur petits et la fenêtre est courte En effet, ils ont seulement 3 mois pour se reproduire avant de rejoindre leurs quartiers d’hiver.
Les macareux, les animaux d’Islande les plus populaires
Le macareux moine est certainement la star des photographes animaliers en Islande! Ces petits oiseaux marins d’à peine 30 cm se reproduisent sur les falaises d’Islande chaque été. Ils arrivent au mois de mai et repartent à la mi-août pour rejoindre l’Atlantique Nord où ils hivernent.
Avant tout, il faut savoir que 60% de la population mondiale de macareux moines se reproduit en Islande. L’île est donc un site majeur pour cette espèce. Parmis les sites les plus important où il est possible de voir des macareux, les falaises de Dyrhólaey près de Vik dans le sud de l’Islande, les falaises de Látrabjarg et l’île de Vigur dans les fjords de l’ouest, les îles Vestmann, ou encore l’île de Flatey près de la péninsule de Snæfellsnes.
Par ailleurs, les macareux sont des oiseaux calmes et assez peu craintifs. Mais cela ne nous dispense pas des précautions habituelles devant des animaux sauvages. Il faut garder un minimum de distances et ne surtout pas interagir avec les macareux.
Enfin, mon site préféré pour voir des macareux en Islande est celui de Latrabjarg. Ces falaises abritent non seulement une intéressante population de macareux, mais c’est également une zone de nidification importante pour les petits pingouins (ou pingouins torda).
Etant donné la richesse de ce site, il n’est d’ailleurs pas rare d’observer des renards polaires en train de chasser des oiseaux marins ou de voler des œufs.
Le lagopède alpin, l’autre rescapé de l’ère glaciare
S’il y a un oiseau emblématique des régions arctiques et alpine, c’est le Lagopède Alpin. Cette petite perdrix des neiges semble tout droit sortie de l’âge glaciaire.
Le lagopède alpin est largement présent en Islande. Sa population fluctue entre 500 000 et 2 millions d’individus en fonction des années. A l’intérieur des terres, les lagopèdes font partie des rares proies du renard polaire en hiver. Ils sont également chassés par d’autres animaux d’Islande comme le faucon gerfaut.
En hiver, les lagopèdes alpins arbrorent un plumage blanc qui a la particularité de refléter la lumière de façon très similaire à la neige. Cette évolution leur offre un camouflage parfait contre les prédateurs en hiver. Durant cette saison, ils sont assez difficiles à repérer. Pour les trouver, le meilleur moyen est de cibler les zones où ils s’alimentent, y compris dans les villages.
En été, leur plumage devient brun pour les mâles et roussâtre pour les femelles. Durant cette période, je les croise plutôt dans les pierriers, dans les montagnes et les hautes terres d’Islande.
La région où j’ai croisé le plus de lagopèdes alpins est celle des fjords de l’ouest (Westfjords). Il est même possible de voir des lagopèdes alpins au cœur de villages comme celui de Súðavík, ou en ville comme à Ísafjörður.
Les autres oiseaux marins
L’Islande est le paradis des oiseaux marins. L’île est un refuge pour des millions d’oiseaux qui viennent tous les étés s’y reproduire et élever leurs petits avant de repartir, vers l’océan pour certains (comme les macareux moines ou les petits pingouins), ou vers d’autres terres.
La liste des oiseaux marins d’Islande est très longue, je ne vais donc pas tous les lister ici. Mais les principaux oiseaux qui nichent sur les falaises islandaises sont le macareux, le petit pingouin, le guillemot de troïl, le guillemot à miroir, le fulmar boréal et la mouette tridactyle. Ces oiseaux nichent également sur des îles comme Vigur ou Flatey, où ils se reproduisent à l’abri des renards polaires.
Côté canard, la liste est aussi longue. Les plus communs sont l’eider à duvet, l’arlequin plongeur, le plongeon catmarin, ou encore le harelde de Miquelon. Ces canard occupent essentiellement les fjords et certains grands lacs d’Islande.
Par contre, il est impossible de parler des animaux d’Islande sans mentionner les sternes arctiques. Ces petits oiseaux au vol gracieux et aux cris stridents réalisent chaque année l’exploit de migrer de l’arctique à l’antarctique. Cette migration représente une distance annuelle de 70 000 km, ce qui est un record, toutes espèces confondues.
Les sternes arctiques sont plutôt faciles à observer en Islande. Elles affectionnent particulièrement les zones enherbées proches de l’océan. Les fjords de l’est et de l’ouest sont des terres privilégiées pour cette espèce.
Les animaux d’Islande : Les autres oiseaux limicoles et terrestres
La liste est longue, mais je vais vous parler des espèces d’oiseaux d’Islande que j’ai l’habitude d’observer. Je dois d’abord vous dire que l’espèce que j’affectionne le plus est le grand corbeau, et l’Islande est le meilleur pays pour les observer, tant ils sont nombreux. J’ai la chance de passer énormément de temps avec eux, essentiellement dans les Westfjords d’Islande. Les grands corbeaux sont impressionnants pour leur intelligence, leur opportunisme, leur vie sociale et leurs acrobaties aériennes durant la parade nuptiale. D’importants groupes occupent les falaises des fjords de l’ouest et se nourrissent de ce que rejette l’océan. Lorsque je tombe sur une carcasse de phoque, ils sont les premiers à se servir, avant les renards polaires qui attendent leur tour.
Par ailleurs, lorsqu’on parle d’oiseau emblématique de la toundra, on pense immédiatement au pluvier doré. Ce petit oiseau limicole de moins de 30 cm se reproduit en Islande. Il est pour moi le symbole de la toundra arctique, tant son chant résonne dans les fjords et les montagnes d’Islande. Pour trouver et observer des pluviers dorés, l’idéal est juste de suivre leur sifflement caractéristique. Ils sont assez peu farouches et se laissent approcher à une quinzaine de mètres.
L’autre oiseau d’Islande abondamment présent dans les fjords est le bécasseau violet. Ce petit limicole se déplace essentiellement en groupe pour se nourrir à marée basse. On peut observer de grands groupes de bécasseau violets se reposer sur les rochers, leur tête enfouie dans leur plumage, formant de petites boules de plumes grises et blanches. Ces petits oiseaux font partie de mes animaux préférés d’Islande.
Enfin, les bécasseaux violets sont la proie idéale du faucon émerillon. Je l’ai souvent observé à l’affût dans les fjords de l’ouest.

























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