A propos de l’auteur

Né en Algérie, dans la région de Kabylie, Samy Berkani grandi entre plaine, montagne et cités urbaines dans les villes de Tizi ouzou et d’Alger. Il y vois les campagnes se vider de leurs populations, qui viennent s’entasser dans les villes. Sirocco, grandes chaleurs et étés en bord de mer sont ses premiers souvenirs.

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Un appareil photo argentique dans un tiroir, sans pellicule, sans piles, sans vie. Le bruit de son déclenchement intrigue.

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Mais l’enfance et l’innocence laissent vite place au doute et à l’incompréhension. L’Algérie vit les heures les plus sombres de son histoire et une guerre civile secoue le pays pendant dix longues années. Les algériens retiennent leur souffle en attendant des jours meilleurs. Il ne quittera pas sa Kabylie durant cette période, exception faite à un voyage dans le sud du pays. Il y découvre le Sahara, ses fennecs et ses gazelles, son pétrole et ses algériens aux différentes couleurs de peau.

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En plein désert, un homme ensanglanté debout devant sa Lada complètement aplatie. Il vient d’être victime de la traversée d’un troupeau de chameaux.

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En 2005, son baccalauréat en poche, Samy Berkani s’envole pour la France. Il y découvre une culture différente de « La France de la parabole », celle que renvoie la télévision française (largement diffusée en Afrique). Il quitte le Djurdjura pour le Jura. S’en suivent quelques années en région parisienne avant de s’établir à Lyon pour se rapprocher à nouveau du Jura, sa région d’adoption. C’est à cette période qu’il tient pour la première fois un appareil photo réflexe entre ses mains, il ne le quittera plus.

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… Il vois le vieux monsieur s’appuyer sur sa canne pour avancer. Il s’arrête, descend de cheval et fait quelques images. Lorsque le vieux monsieur parle, Samy se dit qu’il vient de mettre en image l’accent Bressan.

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Samy Berkani fait ses armes en Bresse jurassienne, en se prenant de passion pour le cheval Islandais, qui sera son premier sujet photographique. Il y passe quelques minutes, puis des heures et fini par rester là, au milieu du troupeau, à observer leurs comportement et leur beauté. Lorsque les lumières se font basses, il y réalise les premières images qui le font rêver. Le Jura, la neige, le blanc, le minimalisme, le froid … Samy Berkani comprend son intérêt pour ce qui est simple. Son physique sub-saharien n’est pas fait pour le froid. Une couche de polaire remplacera la graisse qu’il lui manque.

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… la nuit, en petite montagne, à photographier le ciel étoilé loin de la pollution lumineuse des villes, il entend des bruits étranges, des cris inconnus, il a peur, car on a peur de ce qu’on ne connaît pas.

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Un renard croisé lors d’une balade, un petit troupeau de chamois broutant sur le plateau jurassien, un écureuil curieux mais prudent, la nature se révèle peu à peu à Samy Berkani. Il aimerait pouvoir observer ces animaux plus longuement alors il se cache et attends. Un marcassin, un chevreuil, un renard, le voila plongé dans l’aventure de la photographie animalière.
Il était habitué à photographier les humains dans la rue, mais s’immiscer dans la vie discrète des animaux présente une toute autre difficulté. Alors il s’investi, il s’équipe et y passe énormément de temps. Il découvre un autre monde et vie des instants privilégiés. Il comprend également ce que l’humain fait subir à la nature et vois en la photographie un outil de militantisme.

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… ils étaient debout face à face depuis 10 bonnes minutes. Il se baisse doucement jusqu’à s’asseoir. Il arrache une touffe d’herbe gelée et fais semblant de brouter. Le jeune chamois fini par se coucher au sol sans quitter Samy du regard.

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Le Jura est la porte d’entrée du grand nord. Samy Berkani s’envole pour la suède, puis l’Islande, puis la Norvège … L’aventure nordique fut une continuité. Il éprouve sur l’île de Senja ou les falaises de Husavik une grande sérénité. Il s’y sent créatif. Le grand froid stimule son esprit. Il rêve de loin, toujours plus loin, plus froid, Spitzberg, Groenland, un jour.

Pour son premier projet photo, Samy Berkani fait le choix de ses premiers amours, le cheval Islandais. Il part à sa rencontre dans son environnement naturel, au frontières de l’arctique.